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Vers un premier prototype fonctionnel du pansement connecté DIAMOND

Du côté du laboratoire UMET (Université de Lille), les derniers mois ont été consacrés au développement du futur pansement connecté en améliorant plusieurs de ses composants clés. Les chercheurs ont notamment travaillé sur l’intégration d’antibiotiques dans le pansement et sur leur libération contrôlée grâce à une activation lumineuse. Des essais réalisés avec le système d’éclairage développé par Multitel ont également confirmé le bon fonctionnement de cette approche. Enfin, l’intégration de l’hydrogel sur le support textile a été optimisée, une étape essentielle vers la réalisation du premier prototype du pansement connecté DIAMOND.

Les derniers développements du pansement DIAMOND

Une libération contrôlée des antibiotiques

Les chercheurs ont étudié la manière dont les antibiotiques peuvent être libérés à partir de l’hydrogel du pansement. Pour cela, ils ont intégré un antibiotique, la ciprofloxacine, dans de minuscules nanoparticules de polydopamine capables de réagir à la lumière. Les premiers résultats montrent qu’une exposition à une lumière proche infrarouge accélère la libération de l’antibiotique. Cette approche pourrait permettre d’activer le traitement de façon ciblée lorsque cela est nécessaire pour favoriser la cicatrisation. 

Une meilleure intégration de l’hydrogel sur le textile

L’équipe a également travaillé sur la manière d’intégrer l’hydrogel au support textile du pansement. Une première méthode n’ayant pas donné des résultats suffisamment réguliers, une technique complémentaire a été mise en place afin de répartir l’hydrogel de façon plus homogène sur le textile. Cette amélioration permet d’obtenir un matériau plus fiable et reproductible, une étape essentielle pour la fabrication du futur pansement connecté. 

Des tests concluants avec le système développé par Multitel

Dans le projet DIAMOND, Multitel développe les technologies électroniques qui permettront à la fois de surveiller l’évolution des plaies et d’activer certains traitements à distance. 

Des tests ont été réalisés chez Multitel à Mons (Belgique) pour vérifier que des LEDs pouvaient activer les nanoparticules de polydopamine intégrées à l’hydrogel du pansement. Les résultats ont montré que les hydrogels contenant ces nanoparticules chauffent rapidement sous l’effet de la lumière, atteignant jusqu’à 55 °C en quelques minutes, alors que ceux qui n’en contiennent pas restent à des températures nettement plus faibles. 

Ces résultats confirment qu’il est possible d’utiliser la lumière pour déclencher de manière contrôlée certaines fonctions thérapeutiques du pansement. Les chercheurs travaillent désormais à ajuster précisément la température en modulant l’intensité des LEDs et la composition de l’hydrogel. 

Système LED – caméra IR
Observation par caméra infrarouge de l’effet photothermique de l’hydrogel (Avec nPDA à gauche et sans nPDA à droite)

Des tests concluants avec le système développé par Multitel

Le projet et les avancées de l’Université de Lille (UMET et unité INSERM U1365) ont été présentés lors de la conférence BIOMAT, qui s’est tenue du 3 au 7 mai 2026 au Croisic. Cet évènement a également été l’occasion d’échanges enrichissants avec la communauté scientifique, donnant lieu à des discussions particulièrement intéressantes autour des perspectives et applications du projet. 

Présentation de poster par Sarah Defrançois à BIOMAT 2026
Présentation orale par Roa Bouhamad à l'occasion de BIOMAT 2026

Évaluation du futur pansement DIAMOND 

Reproduire les infections dans des conditions proches de la réalité clinique

L’équipe ADDS (Université de Lille) poursuit le développement d’un modèle ex vivo de peau porcine infectée destiné à améliorer l’évaluation préclinique des futurs dispositifs antibactériens pour le traitement des infections du pied diabétique. Cette plateforme permet de reproduire des plaies infectées dans des conditions contrôlées tout en restant proches de celles observées chez les patients. Elle constitue ainsi une étape intermédiaire précieuse entre les essais réalisés en laboratoire et les études menées sur des organismes vivants. 

Schéma illustratif du modèle ex vivo de peau de porc infectée

Validation de la plateforme avec des traitements de référence

Afin de vérifier la pertinence de cette plateforme, deux traitements antimicrobiens couramment utilisés dans la prise en charge des plaies infectées, Prontosan® et Iodosorb®, ont d’abord été évalués contre deux bactéries fréquemment impliquées dans les infections du pied diabétique: Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa. 

Les résultats ont mis en évidence des profils d’activité complémentaires et ont conduit à la sélection d’Iodosorb® comme traitement de référence pour la suite des expérimentations. 

Des résultats prometteurs sur le modèle de plaie infectée

Le modèle a ensuite été utilisé pour recréer des infections localisées sur des échantillons de peau porcine. Les essais réalisés avec Iodosorb® ont montré une réduction importante de la charge bactérienne après traitement, confirmant la capacité de la plateforme à évaluer efficacement l’efficacité de traitements antibactériens dans un environnement représentatif des tissus humains. 

Évaluation de la biocompatibilité des matériaux DIAMOND

En parallèle, l’équipe a étudié la biocompatibilité des textiles recouverts d’hydrogels développés dans le cadre du projet DIAMOND. Ces essais ont permis d’identifier plusieurs paramètres influençant la tolérance des matériaux par les cellules. Des optimisations sont actuellement en cours afin d’améliorer encore leur compatibilité et leur sécurité d’utilisation. 

Une plateforme d’innovation ouverte aux partenaires académiques et industriels

Cette plateforme constitue une avancée importante pour le projet DIAMOND. Elle permettra d’évaluer plus rapidement et plus efficacement de nouveaux pansements, matériaux ou traitements antibactériens avant leur passage à des études plus avancées. L’équipe ADDS est également ouverte à des collaborations avec des partenaires académiques et industriels souhaitant tester et valoriser leurs innovations dans le domaine du traitement des plaies infectées. 

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Ce projet est financé par le programme Interreg France Wallonie Vlaanderen, la province de Flandre Orientale, VLAIO et la région Wallonne.

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